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Imposition forfaitaire par canton en Suisse

Imposition forfaitaire par canton en Suisse

Un panorama canton par canton des lieux où l'imposition d'après la dépense s'applique encore et de la manière dont la base imposable minimale est fixée.

Réponse en bref

L'imposition forfaitaire (imposition d'après la dépense) reste possible dans la plupart des cantons suisses pour les ressortissants étrangers éligibles qui ne travaillent pas en Suisse, mais plusieurs cantons l'ont abolie au niveau cantonal, notamment Zurich, Schaffhouse, Appenzell Rhodes-Extérieures, Bâle-Campagne et Bâle-Ville. Là où elle subsiste, la base imposable est négociée avec l'administration fiscale cantonale dans le cadre des règles minimales fédérales, et elle se combine avec l'imposition ordinaire au niveau fédéral.

L'imposition forfaitaire, parfois appelée forfait fiscal, est un régime fiscal particulier ouvert à certains ressortissants étrangers résidant en Suisse qui n'y exercent pas d'activité lucrative. Plutôt que d'être imposé sur le revenu et la fortune mondiaux, le contribuable est taxé sur une base de dépense reflétant son train de vie en Suisse, négociée une première fois puis réexaminée périodiquement avec l'administration fiscale cantonale.

Comme la fiscalité en Suisse se répartit entre la Confédération, les cantons et les communes, la disponibilité et les modalités exactes de ce régime dépendent fortement du lieu d'installation. Ce guide expose qui peut en bénéficier, comment la base imposable minimale est calculée, quels cantons proposent encore le régime, et où se situe généralement la difficulté pratique lorsqu'une famille ou un cadre compare les cantons entre eux.

Qui peut demander l'imposition forfaitaire

Le régime est ouvert aux ressortissants étrangers qui prennent domicile fiscal en Suisse pour la première fois, ou qui y reviennent après une absence d'au moins dix ans, à condition de n'exercer en Suisse aucune activité lucrative salariée ou indépendante. Les citoyens suisses n'y ont pas droit, pas plus qu'un ressortissant étranger qui travaille déjà dans le pays, même à temps partiel.

Les deux conjoints d'un couple doivent remplir les conditions d'éligibilité ; si l'un des deux travaille en Suisse, le ménage perd généralement l'accès au régime et est imposé ordinairement. L'éligibilité s'apprécie au moment de l'arrivée et n'est pas automatique : elle résulte d'une demande auprès de l'administration fiscale cantonale et d'un accord conclu avec elle.

Comment la base imposable minimale est calculée

Depuis la réforme fédérale de 2016 de l'imposition d'après la dépense, la base imposable pour l'impôt fédéral direct ne peut être inférieure à un multiple de la valeur locative annuelle du logement suisse du contribuable, ou du loyer effectivement payé, avec un plancher légal fixé par la législation fiscale fédérale. La plupart des cantons qui maintiennent le régime appliquent un minimum équivalent, voire supérieur, pour l'impôt cantonal et communal.

En pratique, l'administration fiscale vérifie également la base de dépense proposée au moyen d'un calcul de contrôle qui additionne les frais de train de vie effectifs du contribuable dans le monde entier, connus des autorités, et impose sur la base la plus élevée des deux. Le chiffre définitif est convenu avec le canton avant le début de la résidence et fait généralement l'objet d'un réexamen périodique : ce n'est donc pas un montant fixe annoncé à l'avance sans cette négociation.

  • Éligibilité : aucune activité lucrative en Suisse, résidence nouvelle ou de retour
  • Base : multiple de la valeur locative ou du loyer payé, sous réserve d'un minimum légal
  • Comparaison : un calcul de contrôle sur le train de vie mondial, imposé sur le montant le plus élevé
  • Accord : négocié avec l'administration fiscale cantonale avant l'arrivée

Cantons qui proposent encore l'imposition forfaitaire, et cantons qui l'ont abolie

À la suite d'une votation populaire fédérale, les cantons restent libres de décider s'ils proposent l'imposition d'après la dépense au niveau cantonal et communal ; le régime continue par ailleurs d'exister pour l'impôt fédéral direct selon les règles resserrées de 2016. Plusieurs cantons ont organisé leur propre votation populaire et aboli entièrement le régime cantonal, si bien que leurs résidents y sont imposés ordinairement sur le revenu et la fortune mondiaux, indépendamment de leur éligibilité fédérale.

Les cantons connus pour avoir aboli l'imposition forfaitaire au niveau cantonal sont Zurich, Schaffhouse, Appenzell Rhodes-Extérieures, Bâle-Campagne et Bâle-Ville. La plupart des autres cantons, dont la région du Léman, Berne, le Tessin et les Grisons, continuent de proposer le régime, chacun appliquant sa propre base minimale et sa propre pratique administrative dans le cadre du plancher fédéral.

Disponibilité de l'imposition forfaitaire par canton (niveau cantonal)
StatutCantons
Aboli au niveau cantonalZurich, Schaffhouse, Appenzell Rhodes-Extérieures, Bâle-Campagne, Bâle-Ville
Encore disponible (exemples)Genève, Vaud, Valais, Berne, Tessin, Grisons, Fribourg, Neuchâtel
Un canton peut modifier sa position à la suite d'une votation populaire. Vérifiez la pratique cantonale actuelle directement auprès de l'administration fiscale, ou avec un conseiller qualifié, avant de vous fier au statut d'un canton.

Où les familles et les cadres se retrouvent généralement bloqués

Le régime paraît simple sur le papier, mais la difficulté est comparative : chaque canton applique son propre multiple minimal, son propre calcul de contrôle et sa propre disposition à négocier, si bien qu'un même ménage peut connaître des résultats sensiblement différents selon le lieu d'installation, même entre deux cantons qui proposent tous deux encore le régime.

Une deuxième couche de difficulté tient au calendrier. Comme l'éligibilité dépend de l'absence d'activité en Suisse avant l'arrivée, et que la base convenue est fixée avant le début de la résidence, les décisions relatives au canton, au logement et aux activités du ménage doivent être enchaînées correctement dès le départ, plutôt qu'ajustées après coup.

Nos consultants coordonnent la comparaison entre cantons et la mise en relation avec des conseillers fiscaux indépendants qualifiés, afin que l'enchaînement de votre déménagement, de votre logement et de votre situation fiscale soit traité comme un seul plan plutôt que comme des décisions séparées.

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Comment se déroule généralement la procédure de demande

Une demande d'imposition forfaitaire est en principe adressée à l'administration fiscale cantonale avant ou peu après l'arrivée, accompagnée d'informations sur le projet de résidence en Suisse du ménage, sa situation familiale et l'absence d'activité lucrative en Suisse. L'administration propose ou discute ensuite une base imposable avec le représentant du contribuable.

Comme ce régime interagit avec les permis de séjour, les décisions immobilières et, pour les ressortissants hors UE/AELE, les procédures d'immigration, c'est la coordination de ces différents volets, ainsi que le recours à un conseiller fiscal indépendant qualifié pour la déclaration elle-même, qui détermine généralement si la procédure se déroule sans accroc.

  • Vérifier la position actuelle du canton sur l'imposition forfaitaire avant de s'engager sur un lieu
  • Évaluer l'éligibilité des deux conjoints, et non du seul demandeur principal
  • Enchaîner la résidence, le logement et toute activité en Suisse avant que la base ne soit convenue
  • Faire appel à un conseiller fiscal indépendant qualifié pour la négociation et la déclaration

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Questions fréquentes

Quels cantons suisses ont aboli l'imposition forfaitaire ?
Au niveau cantonal, Zurich, Schaffhouse, Appenzell Rhodes-Extérieures, Bâle-Campagne et Bâle-Ville ont aboli l'imposition forfaitaire à la suite de votations populaires. Les résidents de ces cantons sont imposés ordinairement sur le revenu et la fortune mondiaux. La plupart des autres cantons, dont Genève, Vaud et le Tessin, continuent de proposer le régime, chacun avec sa propre base imposable minimale et sa propre pratique.
Quelle est la base imposable minimale pour l'imposition forfaitaire ?
Pour l'impôt fédéral direct, la base imposable doit être au moins égale à un multiple de la valeur locative annuelle du logement suisse ou du loyer effectivement payé, sous réserve d'un minimum légal fixé par le droit fiscal fédéral. Les cantons qui proposent encore le régime appliquent un minimum cantonal équivalent ou supérieur, et le chiffre définitif est convenu individuellement avec l'administration fiscale.
Un citoyen suisse peut-il demander l'imposition forfaitaire ?
Non. Le régime est réservé aux ressortissants étrangers qui prennent domicile fiscal en Suisse pour la première fois, ou qui y reviennent après une absence d'au moins dix ans, et qui n'exercent pas d'activité lucrative en Suisse. Les citoyens suisses sont toujours imposés ordinairement, quelle que soit l'origine de leurs revenus ou leur lieu de résidence.
L'imposition forfaitaire couvre-t-elle à la fois l'impôt fédéral et l'impôt cantonal ?
Cela peut être le cas, mais ce n'est pas automatique. L'impôt fédéral direct suit les règles fédérales sur l'imposition d'après la dépense, tandis que chaque canton décide séparément d'appliquer ou non le régime pour l'impôt cantonal et communal. Dans les cantons qui l'ont aboli, un résident peut rester éligible au niveau fédéral tout en étant imposé ordinairement au niveau cantonal.
L'imposition forfaitaire équivaut-elle à un taux d'imposition fixe et publié ?
Non. Il n'existe aucun barème public ni taux fixe. La base imposable est calculée à partir des règles légales, puis négociée individuellement avec l'administration fiscale cantonale en fonction des frais de logement et de train de vie du ménage, et elle est réexaminée périodiquement plutôt que figée indéfiniment dès le départ.

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